Dossier mars : du producteur au consommateur

Pendant des années, nous les avons amenés à une coopérative de Dordogne. Mais nos fruits arrivaient sur les marchés quand les cours s’effondraient ».
Au Salon de l’agriculture, Chantal et Jean-François Clermont rencontrent un couple de Valence qui ne vit que de la châtaigne. Ainsi est née l’idée de créer un atelier sur l’exploitation de Saint-Hyppolyte où désormais est transformée la production de l’agricultrice. « Du petit matériel car nous voulons rester de petits artisans », raconte-t-elle. La main-d’œuvre est, pour l’instant, familiale. Les enfants donnent un coup de main pendant les vacances et l’on réfléchit même à la création d’ un emploi à temps partiel. Cette année, 4 tonnes de marrons ont été transformées, une production vendue à la ferme, dans des épiceries fines ou classiques, auprès de restaurateurs ou encore sur les marchés de producteurs de pays l’été. En accompagnement de toutes les viandes, avec une salade verte, poêlés et servis tout chauds aux cotés de gésiers, la recette est en prime avec les pots de verre, il suffit de demander le conseil pour accommoder marigoules, bournettes, bétizacs ou autre précoces migoules des vergers de Saint-Hyppolyte. Il est livré avec le sourire.
Et pour ceux qui rêveraient de visiter les vergers, la ferme propose, pour les faire découvrir, une randonnée, qui s’inscrit dans le cadre de celle « Pleine nature » du nord Aveyron, le dernier dimanche du mois de juillet. Avec en prime, un marché de producteurs et un repas composé de leurs produits.
« C’est fabuleux, ça marche», s’enthousiasme l’agricultrice, qui compte, cette année, sur cent soixante convives.
Gladys Kichkoff
Une charcuterie authentique

Quelques vaches laitières, un élevage de porcs… les parents de Josian Reynier étaient agriculteurs sur une petite exploitation de 25 ha à Saint-Cyprien-sur-Dourdou. C’est dans les années 85, quand la crise a commencé à affecter la filière porcine, que le couple s’est lancé dans la transformation, une diversification à leurs yeux inévitable .
Au fil des ans, au prix d’un travail de qualité et régulier, la charcuterie de campagne de Grandval s’est fait une clientèle fidèle. Saucisson, saucisse sèche ou fraîche, jambon, poitrine roulée en sec, rôtis, filets mignons, chipolatas, fritons, fricandeaux et boudins… il ne manque rien sur l’étal des marchés de Laissac, le mardi matin, ou celui de Rodez, le vendredi après-midi. Pas question pour l’instant de se disperser et d’en chercher d’autres.
« Pour vendre, il faut fabriquer et cela prend beaucoup de temps. Aujourd’hui, les gens ne font plus confiance aussi facilement qu’autrefois. Il y a de l’intox partout.
Nous avons bataillé pour gagner notre clientèle. Si demain nous nous mettions à faire du produit industriel, cela ne rimerait plus à rien. Autant acheter pour revendre ».
Ce que le jeune agriculteur ne veut à aucun prix. Il est bien trop fier de la qualité de sa charcuterie traditionnelle. « La qualité, c’est une valeur sûre », insiste-t-il. De la même façon, il ne céderait pour rien au monde sa place au contact de sa clientèle ruthénoise ou laissagaise. « C’est important de savoir s’i les gens sont contents ».
Trois générations de marchés

Crèmerie, marchés et supermarchés
Un fromage traditionnel au lait de vache comme il s’en est toujours fait dans la vallée du Lot, c’est la spécialité de Céline et Daniel Gimalac et Jérôme Ratier, de Bessuéjouls, tout près d’Espalion. Ils ont investi dans un atelier aux normes européennes, « obligatoires quand on livre crémiers, grandes surfaces et que l’on fait les marchés », explique la jeune femme. C’est sa belle-mère qui, en 1963, s’est lancée dans la transformation en vue d’obtenir un indispensable complément de revenu pour la petite exploitation. Une vraie pionnière qui « avait même passé son permis pour aller au marché de Rodez à cette époque. Dans le coin, elles n’étaient pas nombreuses à l’avoir », relève fièrement sa belle-fille qui, depuis, a repris le flambeau. Le délicieux fromage du GAEC des Deux-Causses est rapidement caillé, moulé, salé, séché, affiné une dizaine de jours quelquefois moins, parfois pas du tout. Il y en a pour tous les goûts.
Le marché parisien
Gilles Fau s’est installé sur l’exploitation de ses parents, au Fel, en pleine crise de la vache folle. Lui qui avait en projet de privilégier une filière de pur charolais a finalement développé l’élevage caprin de ses parents. Il double le cheptel et produit un cabécou qu’il livre à des restaurateurs et des petits supermarchés alentour et plus loin à des affineurs parisiens, un marché que la famille Fau s’est forgé depuis trois générations. Frais, sec, demi-sec ou encore piqueté de bleu, avec le crozétois, c’est le nom de son petit chèvre, Gilles Fau a parfois du mal à répondre à toutes les demandes. Il s’organise. Quand Paris, vidé de sa population, est moins demandeuse, c’est la « grosse » saison en Aveyron et dans le Cantal, pris d’assaut par les touristes. La traite et la transformation prennent du temps. Fournir toue l’année impose des contraintes et comme la main-d’œuvre est familiale, le jeune agriculteur du nord Aveyron a décidé de ne pas faire les marchés.
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